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Artikel: Dans les trousses à maquillage, l’odeur oubliée des rouges à lèvres

Dans les trousses à maquillage, l’odeur oubliée des rouges à lèvres

Dans les trousses à maquillage, l’odeur oubliée des rouges à lèvres

Enfants, les trousses à maquillage de nos mères évoquent à elles-seules le mystère du monde adulte. À la lisière entre l’interdit et la fascination, cette petite pochette renfermait des objets précieux, manipulés par des mains méticuleuses aux gestes sûrs. 

On a toutes et tous observé nos mères se maquiller, avec malice et envie. 

Il y avait l’odeur poudrée des rouges à lèvres ouverts depuis longtemps, le parfum mélangé au cuir ou au tissu de la trousse, les traces de fond de teint sur une fermeture éclair, un miroir taché, un pinceau chargé de poudre que l’on se passait sur les joues, comme pour s’appliquer un soupçon d’élégance sur nos peaux enfantines.

On tournait les tubes, on ouvrait les boîtiers et quand la tentation était trop forte, on se vaporisait deux touches de parfum, le geste ultime qui allait nous démasquer mais qui ferait sourire nos mères à coup sûr, non contentes de partager leur héritage immatériel. Une trousse à maquillage, à cet âge-là, c’était comme une sorte de loge miniature : un univers où l’on comprenait de manière un peu confuse que se préparer s’apparentait à une forme de magie.

Puis, délicatement, on remettait les objets un à un sans faire de bruit, parfois la fermeture éclair agrippait le tissu, ne pas paniquer, le deuxième essai serait le bon. Sortir discrètement de la salle de bain, ouf ! 

Cette vague de douceur et de liberté au débotté nous a, toutes et tous, appris que grandir pouvait ressembler à un privilège.